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Alors que l’année 2021 a été synonyme de relance pour les industriels de l’aéronautique et du spatial à l’échelle européenne, l’année 2022 sonne aussi la reprise pour le domaine de la défense. L’Allemagne, la France, l’Italie et l’Espagne ont annoncé avoir signé le contrat de 7,1 milliards d’euros pour le développement du programme Eurodrone. Le drone européen doit permettre à l’Europe de rattraper son retard dans le domaine des engins volants pilotés à distance, en succédant aux Reaper américains ou aux Heron israéliens, actuellement utilisés dans les quatre pays. Il est à noter que le contrat a été signé le même jour que le lancement de l’offensive russe contre l’Ukraine, mais la France et l’Europe ne pourront pas bénéficier de ces nouveaux équipements avant un délai de sept ans.
Le programme Eurodrone va déployer une capacité de drones de type Moyenne altitude longue endurance (MALE) sans contraintes opérationnelles afin de fournir aux pays européens une capacité souveraine de renseignement, de surveillance, de reconnaissance, d’identification des cibles ainsi qu’un soutien aux forces terrestres sur une variété d’opérations et d’attaque.
Le contrat, signé le jeudi 24 février, était initialement attendu fin 2019 mais a pris du retard en raison des négociations complexes entre les industriels et les Etats, en particulier concernant les prix. Le projet avait commencé en 2015 après l’échec d’autres programmes européens visant à faire émerger une filière de drones MALE.
Airbus Defence and Space GmbH (Airbus Allemagne) est le principal acteur de ce programme, que l’entreprise développe avec ses partenaires majeurs Airbus Defence and Space SAU (Airbus Espagne), Dassault Aviation, et l’industriel italien Leonardo. Le programme Eurodrone comprend le développement, la réalisation et le soutien de vingt systèmes. Un système est un ensemble de trois drones et deux stations sol. Ce projet prévoit donc la livraison de soixante drones ainsi que leur entretien pendant cinq ans.
En France, le ministère des armées a commandé 4 systèmes (soit douze Eurodrones) et prévoit d’acquérir six systèmes au total. Ces nouveaux drones succéderont progressivement aux drones Reaper actuels au sein de l’armée de l’Air et de l’Espace, et qui seront progressivement retirés après 2030. L’Espagne a commandé également quatre systèmes, l’Italie en a commandé cinq, et sept sont prévus pour l’Allemagne. Les drones commandés diffèrent aussi en fonction des pays : l’Allemagne a souhaité un drone bimoteur, tandis que la France n’en souhaitait qu’un afin d’avoir un appareil plus léger et moins coûteux, tout en étant armé.
Le premier vol de l’Eurodrone est prévu en 2026 et les premières livraisons arriveront en 2028.
L’Union européenne accorde un financement de 100 millions d’euros pour ce programme, via le programme européen de développement industriel dans le domaine de la défense (EDIDP). Le lancement d’Eurodrone est d’abord une étape clé dans la consolidation de la coopération européenne et une importante opportunité pour l’emploi ; Mike Schoellhorn, le président d’Airbus Defense and Space, a déclaré dans dans un communiqué. « Ce programme donnera naissance au système de drone le plus avancé de sa catégorie, générera plus de 7.000 emplois hautement qualifiés et renforcera la souveraineté de l’industrie européenne, son savoir-faire et la coopération entre les États ». En France, ce sera la création ou le maintien d’environ 2 000 emplois directs et indirects pendant le développement et la production, dans les grandes entreprises de défense et leur chaîne de sous-traitance.
En plus d’être engagés dans une démarche de renforcement de l’autonomie stratégique européenne, les quatre pays impliqués dans le programme apportent un soutien à la compétitivité de la base industrielle et technologique de défense européenne. Éric Trappier, PDG de Dassault Aviation, a notamment déclaré « Ce contrat témoigne de la détermination des nations européennes et de leurs partenaires industriels à atteindre les objectifs politiques et à relever les défis technologiques qui assureront la souveraineté européenne en matière de défense ».
L’arrivée de l’Eurodrone présente aussi des opportunités de contrats avec les principaux motoristes ; il reste pour Airbus à décider lequel choisir entre l’industriel français Safran, l’italien Avio Aero ou l’américain General Electric.
Technologiquement, programme Eurodrone bénéficiera de l’ensemble des innovations apportées dans l’aéronautique militaire. Ces futurs drones européens pourront répondre au besoin opérationnel des armées grâce à ses hautes performances : plus de trente heures d’endurance, de nouveaux capteurs européens et un haut niveau de connectivité avec les autres aéronefs et acteurs opérationnels. De plus, ces drones pourront voler sans limitation particulière dans l’espace aérien européen et garantiront une réelle liberté dans l’utilisation du système et ses évolutions. Ils seront conçus de telle sorte qu’il sera possible d’intégrer de nouvelles innovations et d’ajouter de nouvelles charges utiles tout au long de leur vie opérationnelle.
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