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C’est une nouvelle étape dans l’exploration lunaire. Une future station spatiale, plus petite que l’actuelle ISS (Station Spatiale Internationale), tournera autour de la Lune et hébergera occasionnellement des astronautes pour permettre des expériences scientifiques différentes de celles menées à bord de l’ISS. La station, baptisée Lunar Gateway, pourrait servir plus tard de relais pour les missions habitées vers notre satellite. Des acteurs américains et européens sont impliqués dans ce projet.
En mars 2022, la Nasa lance son programme Artémis, qui prévoit d’envoyer de nouveaux astronautes sur la Lune dès 2025. Ce programme a différentes raisons d’être, comme entraîner les scientifiques et les astronautes aux voyages habités vers Mars, concurrencer la Chine, mais avant tout pour établir une présence permanente sur la Lune grâce à la future station Gateway, placée en orbite autour de la Lune. La station spatiale Gateway aura des fonctions multiples. Elle sera un laboratoire scientifique, un banc d’essai de nouvelles technologies, une escale pour les missions sur la Lune ainsi que le centre de contrôle pour celles-ci, et un jour, peut être un tremplin pour les voyages vers Mars. Il n’y aura pas d’équipage en permanence à bord de la station Gateway, mais une mission habitée au moins une fois par an, la station pouvant accueillir quatre astronautes pour une durée probable d’un mois.
Certains modules de la station seront fournis par l’Agence spatiale européenne (ESA), avec une construction réalisée par des acteurs européens. L’ESA a signé des contrats avec Airbus et Thales Alenia Space (TAS) pour participer au projet. En plus de la participation européenne sur la station et au module de service d’Orion, il y aura le cargo automatique EL3 (European Large Logistics Lander) pouvant livrer 1,5 tonne d’équipements et d’expériences scientifiques sur le sol lunaire. Tels sont les nouveaux objets spatiaux dont la fabrication est assurée sur le sol européen.
La station Gateway sera d’abord composée de deux modules prévus pour 2024. Il s’agit des modules PPE (Power and Propulsion Element) et HALO (Habitation and Logistics Outpost). Le premier module sera celui où se trouve la propulsion et les panneaux solaires. Le deuxième sera l’habitat des astronautes. Bien que la réalisation de ces deux modules ait été confiée par la NASA à Maxar (PPE) et Northrop Grumman (HALO), l’entreprise Crisa, filiale espagnole d’Airbus Defence and Space, a aussi son rôle à jouer dans le développement d’un système de gestion et de distribution d’énergie pour le module HALO. Pour cela, Crisa a signé un contrat avec Northrop Grumman atteignant un montant de plus de 50 millions de dollars. L’Agence Spatiale Européenne (ESA) fournira deux autres modules de la station Gateway, ESPRIT (European System Providing Refueling, Infrastructure and Telecommunications) et I-Hab, en faisant appel à TAS, ayant une implantation à Turin en Italie ainsi qu’à Cannes, en France. La société est codétenue par Thales (67%) et l’italien Leonardo (33%).
Concernant ces modules fournis par l’ESA construits par TAS, le module ESPRIT est en construction sur le site de Cannes (en collaboration avec Thales Alenia Space en Italie et au Royaume-Uni), et la livraison est prévue aux États-Unis en 2023, pour être opérationnel d’ici 2024. Le budget total pour la fabrication du module ESPRIT s’élève à 296,5 millions d’euros. Le second module, I-HAB (l’habitat principal pour les astronautes) est fabriqué dans l’usine italienne de Turin. Son lancement est prévu en 2026.
Le site de Turin est spécialisé dans les productions de ce type : par exemple, l’usine avait déjà conçu 50% des modules pressurisés de L’ISS, et sera même le lieu de fabrication de la première station spatiale privée pour la start-up américaine Axiom Space.
L’usine participe également à la construction de la capsule habitée Orion qui permettra d’envoyer des astronautes américains sur la Lune à l’horizon 2025.
Enfin, le site TAS de Turin est aussi impliqué dans la préparation du rover européen Rosalind Franklin, pour la mission ExoMars 2022 qui décollera à l’automne 2022 pour rechercher des traces de vie sur la planète rouge.
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